Trafic humain Québec – Les affranchies

Pourquoi le faisons-nous ?

Parce que la traite humaine ou «l’esclavage moderne» est l’un des principaux défis moraux de notre époque.

Et parce que nous savons qu’il y a une solution:

Créé en consultation avec 116 pays et facilité par l’ONU le Protocole de Palerme prévoit trois éléments essentiels à la lutte contre la traite:

• La prévention par la sensibilisation
• La protection et le soutien des victimes
• La poursuite des auteurs de ce crime (trafiquants)

Le Protocole a été effectivement mis en œuvre dans des pays tels que la Suède, la Norvège et l’Islande. La même chose peut être réalisée au Canada avec le soutien de nos provinces et de leurs élus et l’encouragement de nos communautés.

_____________

«Toute personne a droit à la vie, à la liberté et à la sécurité de sa personne». Article 3 de la Déclaration universelle des droits de l’homme

_____________

Action fédérale

En tant que signataire et défenseur de la Déclaration universelle des droits de l’homme, le Canada a l’obligation morale de mettre en œuvre le Protocole de Palerme. En 2002, le gouvernement fédéral a mis en place un groupe de travail interministériel sur la traite avec l’intention de créer une stratégie nationale d’ici 2005. Après plusieurs itérations et de nombreux  encouragements du Comité permanent des  femmes aux Communes, un plan d’action nationale de lutte contre la traite a finalement été lancé en juin 2012. L’une des principales recommandations est la création d’une unité de police intégrée et dédiée à la traite des êtres humains.  Cela n’a pas encore été mis en œuvre.

Action provinciale

Dans l’intervalle, un certain nombre de provinces ont pris leurs propres mesures pour lutter contre la traite humaine. En Colombie-Britannique, le Bureau de lutte contre la traite des personnes (OCTIP) ouvert en 2007 sous le ministère de la Sécurité publique et du solliciteur général a pour mandat de développer et de coordonner la réponse de la province à la traite. Premier bureau en  son genre au Canada, l’OCTIP a réussi à unir les forces des  principaux ministères provinciaux, des ministères fédéraux, les administrations municipales, et les organismes d’application de la loi, les organismes autochtones et communautaires, pour assurer  le développement et la mise en oeuvre  d’une réponse intégrée et permanente a la traite humaine en Colombie-Britannique.

L’Alberta, le Manitoba et l’Ontario ont fait des progrès dans des domaines importants comme la  coordination de la protection et du soutien apportés aux  victimes (ACT), l’attribution de ressources appropriées à la police et aux procureurs pour poursuivre efficacement  les trafiquants. (CTV W5: Not a Love Story).

Dans tous ces cas, les ministres de la Justice, de la Sécurité publique et / ou de la Famille et des services sociaux ont pris leadership et ont contribué financièrement pour lutter contre la traite.

______________

Nul ne sera tenu en esclavage ni en servitude; l’esclavage et la traite des esclaves sont interdits sous toutes leurs formes. L’article 4 de la Déclaration universelle des droits de l’homme

______________

Le Québec

Comme une consultation communautaire 2012 l’a révélé, un certain nombre d’individus et d’organisations travaillent sans relâche pour sensibiliser et soutenir les victimes de la traite des personnes au Québec. Cependant, la province manque trois éléments essentiels pour lutter contre ce crime horrible:

1. Une approche de prestation de services coordonnée pour protéger et soutenir les victimes (semblable à ce qui a été  créé pour les victimes de violence conjugale dans les années 1980).

2. Un groupe de procureurs et de policiers spécialisés dédié à la traite, un peu à la manière des unités conjointes d’enquête, tel que l’Unité mixte d’enquête sur le crime organisé ou encore l’Équipe intégrée en pornographie juvénile.

3. Une vaste campagne de sensibilisation du public de manière à prevenir  la traite humaine.

Sensibilisation auprès de nos élus

Au début de 2013, les résultats de la consultation de la communauté et les efforts pour lutter contre la traite dans d’autres provinces et États ont été partagés avec les ministres concernés et les députés – justice, sécurité publique, santé et services sociaux, de la condition féminine et de l’immigration – des principaux partis: PQ, PLQ et CAQ. La question a également été soulevée avec la première ministre, madame Marois,  à la Commission des relations avec les citoyens en février 2013. Pour reprendre les mots de la première  ministre: «Honnêtement, je ne savais pas que c’était un problème ici au Québec … Peut-être que nous devrons examiner cela en temps voulu.»

Il y a actuellement plus de 125 procès de traite humaine en processus de jugement ou en  en attente de jugement au Canada; près d’un tiers de ceux-ci se trouvent  au Québec. Les détails horribles d’un certain nombre de ces procès ont été largement publiés dans les principaux journaux français et anglais de la province (voir la page Liens). Les élus du Québec sont maintenant bien informés. Il est temps que nous, en tant que citoyens, encouragions nos politiciens pour faire de cette problématique,  une priorité publique.

 

 

Comments are closed.